Au coeur de la préparation mentale d'Anthony Marchand pour sa première Route du Rhum (avec Arthur Guérin-Boëri)
Si techniquement le bateau a subi une belle transformation, le marin aussi se prépare. On le sait, peu de marins au monde sont capables de mener ce type de machine. Se retrouver seul à bord de ces géants des mers est extrêmement engagé, tant sur le plan physique que mental.
Anthony Marchand – skipper Actual Ultim 4 - “Gagner ces précieux pourcentages de performance qui feront la différence en course” :
« À 60 jours du coup d'envoi à St Malo, on se met doucement dans le rythme et l’ambiance de la Route du Rhum. Avec l’équipe nous sommes entrés dans une phase passionnante où chaque petit détail compte. On cherche à ajuster ce qui peut l'être, à fluidifier les mouvements et à gagner ces précieux pourcentages de performance qui feront la différence en mer. »
Si Anthony aborde la dernière ligne droite avec sérénité, il convient de rappeler que pour cette transatlantique, il dormira par sieste de 35 minutes, en cumulant 4h de sommeil toutes les 24h. Être capable de fractionner son sommeil et dormir sur des cycles très courts dans des conditions extrêmes fait partie du métier de navigateur. Ils sont les seuls sportifs au monde pour qui les phases de sommeil font partie intégrante de leur performance. Pas de solution miracle, ni même de formation, dormir en mer ne s’apprend pas. Il faut surtout bien se connaître, identifier ses propres « portes du sommeil », être à l’écoute de son corps et de ses signaux pour ne surtout pas franchir la ligne rouge.
Malgré l’expérience, Anthony a souhaité faire appel à un autre expert du monde marin, également ami. C’est avec le champion d’apnée sous glace Arthur Guérin-Boëri (5 titres de champion du monde et 8 records du monde) qu’il travaille un protocole respiration. Une méthode et des conseils pour permettre une récupération profonde lors de ces phases de sommeil flash. Car on le sait, dans cet univers, la stratégie n’est pas de dormir plus, mais de dormir mieux.
Anthony Marchand – skipper Actual Ultim 4 Le sommeil est une tactique à ajuster en fonction de chaque situation
« En mer, le sommeil n'est pas une interruption du travail, c'est un réglage technique, au même titre que celui des voiles. Notre sommeil est haché et très « météo-dépendant » mais il suffit d’être attentif à quelques signaux pour savoir qu’il serait bien d’aller s’allonger. Pas de meilleure formation que celle de partir en mer, seul et en compétition, pour détecter ces signaux. Chez moi : un tic de bouche, une hallucination auditive, la vision qui se trouble, un toc qui apparaît (je me mets à compter en boucle ou je ressasse des choses inutiles)… me font dire qu’il est l’heure d’aller faire une sieste. Encore faut-il que la situation le permette ! »
Arthur Guérin-Boëri – champion d’apnée sous glace et ambassadeur Actual
Apprendre à stabiliser son rythme cardiaque par la respiration
« On le sait aujourd’hui le sommeil polyphasique va à l’encontre de la physiologie humaine et impose une agression à l’organisme, j’essaie avec mon expérience en plongée profonde d’apporter quelques clés à Anthony. Ça passe par des techniques de respiration, de relâchement diaphragmatique et de visualisation positive. L’objectif est de réussir à déconnecter son système nerveux en un temps record pour atteindre un sommeil réparateur même au milieu d’un environnement aussi extrême. »